Le Dvar Matok de cette semaine est offert par la famille Baudet que nous remercions
Notre paracha va voir consumée la relation de deux personnages emblématiques, au point de parvenir à leur séparation ; il ne s’agit ici aucunement d’étrangers l’un à l’autre mais bel et bien d’un oncle et son neveu : Avraham marié à Sarah, la sœur de Lot, qui n’est autre que le fils de son frère Haran.
Voilà côté contexte, messieurs-dames.
Haran, plutôt un sceptique quant aux caractères Infini et Unique de D., il éprouve la nécessité de voir son frère survivre miraculeusement aux flammes pour choisir son camp.
Mais cette fois, la magie n’opère pas : jeté dans la fournaise, il meurt aussitôt.
Avraham Avinou ne peut laisser son neveu seul ; il décide de prendre soin de lui et l’adopte chez lui, à la maison.
Lot grandit donc auprès de son oncle, allant jusqu’à devenir complice d’Avraham lors de sa descente en Égypte puis chez les Philistins, pour ne pas dévoiler que Sarah est mariée. Plus encore, il couvre Avraham avançant qu’il a pour soeur Sarah, alors que c’est précisément la sienne !
Arrêt sur l’image ! Juste un instant, je vous prie : les fameux cadeaux offerts par les royaumes égyptien et philistin, rappelez-moi dans la poche de « quel frère » de Sarah vont-ils atterrir ?
Je vous la donne dans le mille : dans la poche d’Avraham !
Mais n’ayez crainte : Lot n’envie en rien Avraham, qui a réussi à sauver sa peau, car oui, il est bien devenu comme son père adoptif.
Comment dès lors, espérer sa mort pour de l’argent ? Ne lui suffit-il pas d’avoir déjà perdu son père, pour vouloir provoquer la perte de son oncle ?! Aussi, garde-t-il le silence, par loyauté.
Pourtant, à un moment donné, leurs chemins se séparent.
Lorsque les bergers de Lot permettent sans aucune gêne à leurs troupeaux de brouter dans les champs des Cananéens, voilà l’incident de plus ou de trop qui amorce la rupture…
Les bergers d’Avraham de déclamer : « Allô, c’est du vol ! », peine perdue, ces fripons n’entendent nullement renoncer à cet argent si facile.
Pour les bergers d’Avraham, il ne s’agit de rien moins que d’argent sale !
Du menu et du gros bétail, des tentes et bien d’autres richesses, telle est la liste non exhaustive des biens accumulés par Lot à la faveur de son séjour chez Avraham.
Ombre au tableau, et pas des moindres : ses bergers, eux, ne sont pas honnêtes : ce sont des rechaïm, nous dit le Midrash (Rachi).
Le verdict tombe :
« Choisis ta destination », lui dit Avraham. « Si tu vas à gauche, j’irai à droite ; si tu vas à droite, j’irai à gauche. »
À ce moment-là, les masques tombent et Lot de dévoiler son véritable visage :
« Je n’ai d’empathie ni pour Avraham ni pour son D. »
Il choisit alors les terres fertiles — bien qu’elles soient corrompues — et s’installe à Sedom, une ville aux mœurs dépravées, capable d’ériger la sodomie en valeur, avec comme comble de la perversité : interdire l’hospitalité, voire la punir de mort.
Voilà le lieu de résidence élu par Lot !!!
Episode biblique pour le moins fascinant dans le sens de consternation, vous en conviendrez : quelle mouche a donc piqué Lot ? Et pourquoi évoquer comme une relation de cause à effet cette dispute des bergers de Lot et ceux d’Avraham ?
Si la décision de rupture émane du haut de la pyramide, quel rapport établir avec les bergers ? Par ailleurs, la dispute ayant pour origine les bergers, elle vient d’en bas, pourquoi Lot, tout simplement, ne se contente-t-il pas de sermonner et de punir ses bergers pour leurs méfaits ?
Enfin et plus encore : pourquoi prend-il si mal la décision d’Avraham ?
Réponse : tout vient d’en bas.
Avraham et Lot s’entendaient encore bien, mais lorsque Avraham le met devant le fait accompli – qu’il doit réprimander ses bergers – Lot se sépare de lui, avec rancune.
C’est une séparation « en vue de la paix », nous dit le Baal HaTourim.
Mais Lot, en s’éloignant d’Avraham, cultive en lui une haine envers Avraham et envers D., qui le conduira jusqu’à Sedom.
Comment comprendre cet épisode pour le moins fâcheux avec les conséquences qui en découlent ?
Retenons la calamité, les encombres, les fléaux qu’encourt, qui s’entoure de personnes répréhensibles : lorsque nos « petites mains » sont des mécréants, un jour viendra où, pour nous, il sera plus légitime de les soutenir que de les réprimander.
« Malheur au racha et malheur à son voisin », enseigne la Michna (Negaim 12,6).
A bon entendeur salut ! Qu’on se le dise : Eh oui, c’est contagieux !
Avraham, fait montre de lucidité et de clairvoyance, le comprend et s’en défait avec élégance :
Je ne t’en veux pas. Je viendrai t’aider dans n’importe quelle situation. Je reste ton frère. Mais je veux garder mon intégrité, ainsi que celle de mes bergers.
Quelle claque pour Lot !
Il ne peut qu’abdiquer face au constat de la grandeur, de la sagesse de son oncle qui une fois de plus révèle une force incroyable…
Comme il est rude pour Lot d’avoir à assumer sa petitesse, avec son lot de frustrations et de manques :
– Il n’arrive pas à se défaire de son image,
– Il n’arrive pas à se séparer de ses ouvriers.
– Il n’arrive pas à s’élever.
Le voilà réduit à devoir se soumettre à ses penchants, naturellement amené alors à choisir la facilité : soutenir les siens au détriment de la vérité, au détriment de D.
Leçon sans appel et qui ne souffre d’aucune ambiguïté :
Un appel à choisir notre camp.
Soyons sages, les amis.
Sachons prendre nos responsabilités.
N’ayons crainte d’être mis de côté par la société, justement en raison de notre attachement à nos valeurs ancestrales.
Car enfin, pourquoi jouer au mouton si c’est pour finir dans le ravin ?
Allô les amis, sans gêne ! Pour le coup, haussons les épaules à ceux qui se croient plus intelligents que D. et que Ses préceptes – car celui qui est dans Son équipe gagnera à tous les coups.
Ainsi, nous ressemblerons à notre ancêtre Avraham, et mériterons toutes les bénédictions.
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