Parachat Korah : Qui dit feuj dit grabuge ?

Dans notre paracha, Moché Rabbenou fait face à la quatrième rébellion du peuple contre D.

Après le veau d’or, les miteonénim qui réclament de la viande et méprisent la Manne, suit la faute des explorateurs disant du mal de la terre d’Israël et blasphémant quant à la capacité de D. à vaincre les géants de la terre, arrive enfin Korah.

Qu’on se le dise, Korah ne se rebelle pas exclusivement contre Moché ou Aharon, bien plus, il remet en cause l’un des fondements mêmes du judaïsme : celui de « Moché Emeth veTorato Emeth » – Moché est vérité et sa Torah est vérité.

On ne parle pas ici d’un homme du commun des mortels, mais de celui que D. a désigné et que le peuple a validé pour lui transmettre la Torah.

D’aucuns penseraient avec lassitude ou détachement : une rébellion de plus ! … Après tout, Moché, de guerre lasse, doit sûrement être habitué à présent. Du grabuge, du grabuge, encore du grabuge, toujours du grabuge… De toute façon, avec les feujs, faut pas s’attendre qu’à du « beur »… (rires).

Mais faut croire que non !

Coup de théâtre !

« Vayipol Moché al panav » – Moché tombe sur sa face.

À terre, il est désarmé, incapable de refaire face à ce désordre majeur et de quémander à D. une fois de plus la clémence pour son peuple (Rachi).

Mais si vous le permettez, tentons une autre lecture.

Oui, Korah remet bel et bien en question la légitimité d’Aharon et de Moché sur les postes qui leur sont octroyés. Pour lui, tout est une question de « famille », de piston. D. se voit comme supplanté, Il n’est pas le véritable décideur.

Comme il est d’usage de le dire aujourd’hui en politique, en France ou en Israël : tout ne serait qu’une histoire de clan, de copinage, pour veiller à ce que personne ne vienne interférer dans un système établi…

Or, en ce moment précis, Moché tombe, s’agenouille presque devant le fait accompli. Aucune tentative de s’afficher ni de s’affirmer de manière hautaine, pas plus qu’il ne tentera de gouverner avec poigne : à son accoutumé, il fait encore et toujours preuve d’humilité.

Et on peut imaginer se l’entendre dire : « Je suis bel et bien la personne missionnée par D., Aharon également. Ne croyez pas, Has veChalom, que je profite de ma grandeur pour arranger ceux qui me sont proches » (Or Hahayim haKadosh).

Dans la vie, nombreux seront ceux qui voudront nous remettre en question, nous accuser de copinage et de favoritisme avec certains plus qu’avec d’autres.

Mais, sachons faire preuve de discernement et ne pas tomber dans le piège du réflexe défensif ou de l’arrogance, position ô combien légitime puisse-t-elle paraître sur le moment.

Recherchons plutôt à arrondir les angles, à tenter de rassurer notre opposition pour lui montrer qu’elle n’a pas face à elle un adversaire, mais un ami.

Posture adoptée par Moché lui-même avant que D. ne les frappe. Il va aller à leur rencontre avec tout le faste et l’apparat de circonstance pour tenter de faire mouche.

Imaginez-vous : Moché, le maître de la génération, arrive avec en cortège sa solennité, sa gloire, ses élèves. Imaginez au-devant de la scène, toute la presse présente pour couvrir l’évènement, pour retranscrire cette rencontre si tendue mais si capitale.

Malheureusement, lorsque l’opposition n’est pas à l’affût de la vérité, mais qu’elle reste définitivement bloquée sur ses positions, sans raison – je dirais même avec haine – pour destituer l’heureux élu de D., toute tentative s’avère vaine, il n’y a plus rien à faire.

D. demande alors vengeance pour Son propre honneur.

Vous savez les amis, D. sait très bien ce qu’il fait. La place de chacun répond à un dessein divin précis. Sachons à nouveau gagner en sagesse, certains que tout ce que fait D. est pour le bien.

Alors, et seulement alors, vous pourrez vous aussi apprécier la singularité et la mission de chacun et chacune à sa juste valeur, pour le bonheur de tous.

Chabbat Chalom !

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Korah 5786

Édito

Hello les amis, Dites-moi… vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi j’ai intitulé mon site Dvar Matok ?

Eh bien figurez-vous qu’à l’époque, quand j’étais encore jeune 😂, mon oncle Y. me disait souvent lors de nos rencontres, en hébreu :

“Yech lekha eze Dvar Matok al haParacha?” — Tu as un petit Dvar Torah doux sur la Paracha ?

Alors voilà… il est là. Doux, agréable… et parfois même aigre-doux, dirais-je.

Oui, j’aime bien vous piquer un peu, vous surprendre, vous faire réfléchir autrement.

Allez, c’est reparti de plus belle.

À très vite, et n’hésitez pas à me laisser un feedback dans les commentaires ou par mail.

R. Yehouda

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