Parachat Korah: Korah, Korah… à très bientôt !

Mercredi soir, le repos du guerrier, assis au bord du lit, après avoir donné un cours sur les lois de Borer, je me secoue car il est grand temps d’écrire notre Dvar Matok.

A l’ordre du jour, peut-être la rébellion de Korah contre Moché Rabbénou ? me demandais-je. Iznogoud ! Un goût de déjà vu : « devenir calife à la place du calife » (is no good).

Il nous faut innover, aborder un sujet qui enrichirait notre sommaire sur la Parachat Korah – ben oui, suivez le guide… Vous l’aurez compris, de nouveaux horizons restent à poindre et pourquoi pas un best-seller Dvar Matok sur la Torah !

Changement de cap donc, voyons voir le talit de Korah, vous savez ce fameux talit entièrement teint de bleu azur.

La question étant : faut-il tout de même y ajouter des franges bleu azur ?

La réponse de Moché ne souffre d’aucune équivoque : oui !

Mais si je puis me permettre : quelle est la mitsva du talit ? En quoi consiste-t-elle ? Voire, pourquoi les femmes en sont-elles exemptées ?

Avant d’amorcer notre étude hebdomadaire, j’aimerais ajouter une autre interrogation.

Effectivement, reprenant notre chronologie, force est de constater que Korah posa une autre question à Moché Rabbénou : une maison remplie de Sifré Torah est-elle émancipée de la mitsva de la mezouza ?

Moché Rabbénou, égal à lui-même, imperturbable : oui, bien évidemment !

Fidèles quant à vous à votre sagacité, tout comme moi, vous percevez un point commun entre ces deux questions ?

En avant pour notre étude !

Le monde est composé de deux énergies spirituelles :

– Le or hamekif (la lumière extérieure qui entoure le monde),

– Le or penimi (la lumière intérieure qui anime le monde).

D. est lumière ; Il anime le monde par son noyau énergétique qui pousse le monde vers le plus haut. Il le stoppe par l’intermédiaire de l’atmosphère qui enveloppe le monde et le garde figé à sa place.

Le talit avec lequel nous nous enveloppons se trouve être cette lumière protectrice, ce bouclier, cet habit de gloire divine qui rappelle les cieux, la grandeur et la magnificence divines.

Question de Korah : « Pourquoi donc ajouter des franges bleu azur à ce talit ? »

Réponse : Parce que le monde ne peut exister sans la lumière intérieure, cette lumière intime, celle qui pénètre, qui irrigue et vivifie le noyau profond de l’existence humaine — et ce, aussi infime soit-elle par rapport à la quantité de bleu azur dans lequel le monde baigne.

Par extension, il en va de même pour la maison remplie de livres.

Effectivement, quelle peut bien être la fonction, la vocation de tous ces livres, ô combien nombreux soient-ils, si la maison dans laquelle ils sont entreposés, est dépourvue de protection à l’extérieur de celle-ci, voire pour envelopper de ses préceptes la personne qui y habite ?

En d’autres termes, la conviction de Korah est que, quoi qu’il en soit, nous pouvons nous suffire d’une seule et unique lumière : extérieure (talit) ou intérieure (sefarim).

Erreur mon cher Watson !

Une lumière n’illumine que par rapport à son contraste. La lumière n’a de sens uniquement lorsqu’elle éclaire celui qui nécessite l’éclat de sa lumière.

Ainsi, ces deux entités, qui pourraient être considérées comme distinctes, ne forment en réalité qu’un seul corps, une seule âme.

« Que c’est beau, Monsieur le rabbin, papapa !!! »

« Allô, ce n’est pas fini… Une question reste sans réponse… »

Les dames n’ont pas besoin du talit, elles sont un talit à part entière ! Elles sont ce « or mekif », cette lumière qui protège et qui revigore, qui aide leur mari à s’épanouir, à réaliser son ratzon, son désir profond.

« Quelle est la femme accomplie – Ezohi isha tova ? Celle qui fait le désir de son mari, ou plutôt : celle qui génère le désir de son mari – ha’ossa retson baala ! »

Vivre seul, c’est vivre dans l’obscurité, sans pouvoir rayonner de sa beauté, ni faire vibrer son charme dans le regard de l’autre.

N’en déplaise à certains, ce n’est que par l’alliance de ces deux « lumières » en fusion qu’ils pourront resplendir à leur juste valeur.

Dans la vie, il faut savoir conjuguer notre petit monde intérieur et l’océan dans lequel aussi nous naviguons. Attention à ne pas nous évanouir sur notre barque, perdus dans nos pensées, étourdis par la chaleur qui nous anime.

Alors peut-être me direz-vous, garder le cap ? Certes, bien évidemment. Mais ne vous perdez pas non plus dans cet infini océan regorgeant de vie, de vagues incessantes, au point de vous faire oublier le retour vers la terre ferme.

Korah, Korah ! Aujourd’hui encore, tu exprimes haut et fort – avec honte mais honnêteté – ta cupidité, celle d’avoir tenté de faire la révolution contre Moché Rabbénou :

« Moché Emeth veTorato Emeth – Moché est vérité, sa Torah est vérité, et nous (Korah et ses disciples) sommes bédouim – mensonges, des imposteurs. » (Baba batra 74a)

Nulle inquiétude, le message est bien passé, nous avons compris le message de la paracha qui porte ton nom.

Ainsi, de par notre étude – comme nous dit le Talmud (Sanhedrin 109b) – pour ta sincérité, tu auras le droit à la tehiyat hametim et mériteras de revêtir un beau talit cachère, rayonnant de lumière, bimhera beyamenou, amen. (Inspiré par le Chaar haKavanot Hilkhot tsitsit)

 

 

Édito

Hello les amis, Dites-moi… vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi j’ai intitulé mon site Dvar Matok ?

Eh bien figurez-vous qu’à l’époque, quand j’étais encore jeune 😂, mon oncle Y. me disait souvent lors de nos rencontres, en hébreu :

“Yech lekha eze Dvar Matok al haParacha?” — Tu as un petit Dvar Torah doux sur la Paracha ?

Alors voilà… il est là. Doux, agréable… et parfois même aigre-doux, dirais-je.

Oui, j’aime bien vous piquer un peu, vous surprendre, vous faire réfléchir autrement.

Allez, c’est reparti de plus belle.

À très vite, et n’hésitez pas à me laisser un feedback dans les commentaires ou par mail.

R. Yehouda

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