Parachat Ki Tissa -Pourim À la mémoire d’Élie Marey zal
De l’Onction à la Délivrance : Les Héros de Ki Tissa et Pourim- Ad délo yada
Dans notre paracha, un des sujets abordés est la sanctification du Temple. Certes, chacun et chacune essaie de marquer la matière par ses intentions bonnes et spirituelles, mais D. ordonne d’effectuer une action spécifique sur le mobilier du Michkan : l’oindre avec une huile parfumée.
L’un des parfums utilisés est le mor – le musc, selon certains commentateurs. Mais ce qui est certain et sur quoi tout le monde s’accorde, c’est qu’il doit être sous appellation contrôlée : mar déror, un parfum pur à 100 %, sans aucun mélange.
Le Rambam (Maïmonide) écrit par ailleurs que cette huile, préparée du temps de Moché Rabbénou, a suffi pour toutes les périodes du Michkan, du Beth Hamikdash, et suffira pour le Temple à venir.
Mais quelle est donc la symbolique de cette huile sacrée nécessaire pour chaque ustensile ?
Avant de répondre, pour les plus futés et les plus érudits d’entre nous, vous l’aurez compris, notre amorce a un lien avec Pourim…
Effectivement, où Mordehaï, ce fameux sage du Sanhédrin, est-il mentionné dans la Torah, se demandent les sages ? Dans ce verset : mar déror ressemble à Mordehaï, écrivent nos sages !
C’est là que le Talmud demande à son tour : Où Haman est-il mentionné dans la Torah ? Le Talmud de répondre : Hamin ha’ets – « Est-ce du fruit de l’arbre dont je t’avais interdit de manger que tu as mangé ? » demande D.ieu à Adam et Ève.
Ah là là, quel enseignement étrange. Quel lien entre Mordehaï et cette huile d’onction ? Et puis, quel lien entre Haman et le fruit de la connaissance du bien et du mal ?
Pour faire court, l’histoire du peuple juif à l’époque de la Méguila est très ambiguë. Comment est-il possible qu’un homme comme Haman réussisse à vouloir exterminer tout un peuple parce que ce dernier a participé à un festin royal ? Pourquoi ? Auraient-ils mangé taref (non cachère) ? Avaient-ils eu des relations interdites à cause de ce festin ? Pourquoi ;n’ont-ils pas boycotté Assuérus lorsque ce dernier s’était habillé avec les habits du Cohen Gadol ?!
Tout était cachère, aucune interdiction ne fut commise par leur participation à ce banquet. Alors, comment expliquer cette situation si terrifiante qui dut annuler la fête de Pessa’h et, en plus de cela, jeûner pendant trois jours et trois nuits avant qu’Esther et le peuple ne mettent en péril leurs vies ?
Réponse : Haman en est la cause. Si Haman trouve gain de cause devant l’Éternel pour exterminer le peuple juif, c’est justement parce que ce dernier continue de consommer de ce fruit mêlant le bien et le mal, continue de se permettre des choses qui manquent de pureté et qui peuvent être assimilées à des choses interdites.
C’est alors que Mordehaï entre en jeu, lui qui symbolise ce parfum pur, déror – « libre » de tout mal, qu’il réussit à faire tomber le projet de Haman et à apporter la dé’livrance’ du peuple juif.
Pour continuer dans la symbolique entre nos parachiot et la fête de Pourim, Mordehaï représente Moché Rabbénou, celui qui ne dévie même pas d’un iota des préceptes de la Torah ; il est le Moché de sa génération.
Esther, quant à elle, représente Aharon ; elle écoute les paroles de Mordehaï, son maître spirituel, et demande à son tour que le peuple veuille bien jeûner pour elle ! Pas pour eux, mais pour elle, pour qu’elle puisse les représenter devant D. , tel Aharon représentant et portant les enfants d’Israël dans son cœur.
C’est alors que « Vatilbash Esther malkhout » – « Esther se vêtit de royauté », de ces fameux habits en or sur lesquels le éphod, les douze pierres précieuses sur lesquelles sont gravées les douze tribus ; « Vataamod lifné hatsar hapenimit nokhah bet hamelekh » – « elle se tient debout devant la cour intérieure, face à la maison du Roi ». Le Roi des rois.
Pendant cette fête, une des mitsvot est de boire du vin jusqu’à ne pas pouvoir distinguer entre Baroukh Mordehaï – « béni soit Mordehaï » et Arour Haman – « maudit soit Haman ».
Étrange comme concept, mais le Rav Osher Weiss chlita donna une explication très jolie qui rejoint notre Dvar-Matok. En ce jour de Pourim, il n’est pas juste question de boire du vin et de se soûler. Il est le moment de vérifier si notre cœur a le dessus sur notre intellect et de vérifier si notre attache à Mordehaï et Haman est conforme aux attentes : que Mordehaï est notre héros, notre exemple, et Haman notre opposé.
Vous l’aurez compris, celui qui a gagné n’est pas celui qui se trompe, mais celui qui saura bel et bien garder le nord, et que son cœur, ô combien a-t-il bu, saura dire haut et fort : Baroukh Mordehaï !




