Parachat ‘Houkat: Les non-dits !

Cette semaine, au fil de plusieurs conversations, et même durant certains cours de Torah, une idée me taraudait de manière récurrente :

Les non-dits.

Vous savez, ces attitudes, ces petites manœuvres – parfois sournoises, parfois subtiles – qui visent à déstabiliser notre entourage. Tantôt pour éveiller leur conscience, tantôt simplement pour les rabaisser… Tout dépend du contexte.

Ah la la !… Quel monde de faux-semblants ! Comme si les aléas de la vie ne suffisaient pas à eux seuls à nous charger de stress et d’amertume…

Mais no stress, les amis. Apprenez une chose essentielle :

Vous ne devez rendre des comptes à personne.

Entendez-moi bien… A personne, vraiment personne.

— « Eh ben, Monsieur le rabbin, vous êtes cash cette semaine… »

— Yes, exactly, à un détail près : à condition d’avoir raison.

Ah, c’est tout de suite plus clair, non ?

— « Quelle rassra… nous qui pensions être libres ! »

Bon, trêve de moralité. Quel est le lien avec notre paracha ?

Eh bien justement, tout commence par cette déclaration :

« Voici la loi immuable de la vache rousse »

Dans la Torah, plusieurs lois sont qualifiées de ‘Hok, des lois immatérielles, impénétrables à la raison humaine.

Même le roi Salomon, l’homme le plus sage que la terre ait porté, confesse :

 « Je me suis dit que je comprendrais, mais cela est loin de moi. » (Kohelet 7,23)

Alors… A quoi joue le Bon D. ? Pourraient se risquer des esprits taquins !

Malgré le caractère en apparence impénétrable de cette loi, comment se fait-il que la Kabbale offre malgré tout des éclairages sur ces commandements réputés incompréhensibles – comme l’interdiction de mélanger le lin et la laine (Chaatnez) ?

Ne serait-ce pas, là encore, un « non-dit » divin ?

En vérité, si D. nous enjoint de respecter ces fameuses lois, ces houkim, c’est bien qu’Il y tient, et, parmi les éléments qui prévalent pour Hakadoch Barouh Ou, se trouve notre engagement à les observer, et ce, sans même en saisir le sens. Voilà qui est précieux à Ses yeux.

Il va sans dire que l’on peut toujours s’aventurer à tenter d’en comprendre le sens. Au demeurant, notre attachement au Divin ne peut nullement dépendre de cette compréhension affichée comme une clause suspensive.

Vous pouvez dès lors percevoir le sens de mon affirmation première qui se voit revêtir sa véritable portée grâce à l’enseignement précieux de notre paracha :

N’ayons pas peur d’avoir raison.

Sachons nous affirmer avec l’aplomb nécessaire, avec droiture, lorsqu’une chose est juste et vraie.

D. veut parfois montrer aux nations combien Israël Lui est fidèle. Pour ce faire, rien de tel que d’imposer le respect d’une loi irrationnelle.

Les nations pourront y voir l’affichage péremptoire d’une supériorité injustifiée, comme une forme d’arrogance divine.

Mais Israël renforcé de sa clairvoyance aveugle sait que même ce qu’il ne comprend pas est juste et bon pour lui.

La Guemara dans Yoma (67b) l’exprime magnifiquement :

« Vous observerez Mes lois – celles qui devraient être écrites même si elles ne l’étaient pas : l’idolâtrie, l’adultère, le meurtre, le vol et la profanation du Nom. Et vous garderez Mes décrets – ceux que le satan et les nations contestent : manger du porc, porter du chaatnez, la ‘halitsa, la pureté du lépreux, et le bouc émissaire. Ne dis pas : ce sont des absurdités ! Car il est dit : ‘Je suis l’Éternel – Je les ai institués, et tu n’as pas le droit d’en douter.’ »

Et la Torah elle-même va plus loin encore :

« Vous les garderez et les mettrez en pratique, car ils sont votre sagesse et votre intelligence aux yeux des peuples, qui entendront tous ces décrets et diront : Quelle nation sage et intelligente que ce grand peuple ! » (Devarim 4.6)

Alors oui, le non-dit peut susciter rancune ou rejet. Mais le non-dit divin, lui, est empreint d’amour et de fierté.

Les amis, cessez les jeux de force, les calculs, les malices. Stop !

Cherchons plutôt à répandre le bien autour de nous, sans calcul, sans condition, à l’image du Bon D.

 

 

 

Édito

Hello les amis, Dites-moi… vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi j’ai intitulé mon site Dvar Matok ?

Eh bien figurez-vous qu’à l’époque, quand j’étais encore jeune 😂, mon oncle Y. me disait souvent lors de nos rencontres, en hébreu :

“Yech lekha eze Dvar Matok al haParacha?” — Tu as un petit Dvar Torah doux sur la Paracha ?

Alors voilà… il est là. Doux, agréable… et parfois même aigre-doux, dirais-je.

Oui, j’aime bien vous piquer un peu, vous surprendre, vous faire réfléchir autrement.

Allez, c’est reparti de plus belle.

À très vite, et n’hésitez pas à me laisser un feedback dans les commentaires ou par mail.

R. Yehouda

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *