Parachat Houkat-Balak: Une bonne bataille d’eau !

Le Dvar Matok de cette semaine est offert par la famille Abergel que nous remercions 👏🏻 pour la Refoua Chelema de Ygal ben Esther cheihyé ✨ 

Dans la paracha de cette semaine, l’ordre est donné : il faut préparer les eaux de la vache rousse en vue de purifier toute personne qui aurait pu entrer en contact avec un mort.

Pour ce faire, D.ieu ne demande pas simplement de brûler une vache afin d’en obtenir les cendres. Non, non ! La sélection de la bête s’avère pour le moins spéciale, très spéciale.

Voyez plutôt : une vache entièrement rousse, ne devant pas présenter même deux poils d’une autre couleur. Voilà qui n’est pas tout, il faut également veiller à ce que cet animal n’ait jamais travaillé ni porté une quelconque charge, pas même une simple couverture. Raffinement ultime, elle doit être temima — intègre, sans aucun défaut de santé ou d’esthétique.

Il semblerait que voilà quelques semaines, une vache totalement rousse soit née en Israël. Le hic étant que… son propriétaire lui aurait poinçonné l’oreille pour lui attacher son numéro de série… Patatras ! Est-elle dès lors considérée comme un animal avec un défaut ? Suspense…

Les Sages vont s’attacher à nous révéler la splendeur de cette Mitsva extraordinaire. Sa désignation « hok » la distingue de toutes les autres mitsvot, en ce sens où elle se présente comme une loi immuable, impénétrable. Les plus grands se sont essayés à tenter d’en percer le secret, et pardonnez du peu : Moshé Rabbenou et Shlomo Hameleh ! En vain !

Son caractère unique tient, comme nous l’avons dit, aux vertus de l’animal, mais le comble tient en son paradoxe apparent. À savoir, elle possède cette faculté de rendre pur celui qui était aspergé de ses cendres, alors qu’elle rend impur celui-là même qui la manipulait ou la transportait !

Pas de catastrophisme ! Il ne s’agit aucunement d’un cycle infernal et infini. Seul celui qui touchait ou déplaçait cette eau devenait impur, mais d’une impureté moindre : une simple Toumat Erev, une impureté qui s’en va au soir après un passage au Mikvé… Fin du cycle !

Si je puis dire, à notre petite échelle, comment comprendre le maintien de cette stricte exigence, imposant l’utilisation d’un animal « première main », jamais utilisé ?

Quoi de mieux, pour apporter la purification à un homme impur, que l’utilisation d’une vache à laquelle on n’a pas laissé le temps de fauter ou de devenir l’esclave de ce monde matériel ?

« Qui s’y frotte s’y pique », aurais-je envie de dire. Eh oui, ce monde, ce beau monde, est certes un moyen de s’élever vers le Tout-Puissant, de mériter le Gan Éden et le Olam Haba à travers les mitsvot que nous réalisons ici-bas.

Prenez un exemple banal de la vie quotidienne : une simple part de pizza. On veut juste y goûter, et voilà qu’on succombe à la gourmandise au point où… on plonge ! C’est le début de la faim… À la première part succède la deuxième, puis la troisième… sans fin !

Oui, le monde d’ici-bas est gigantesque, mais parfois, on s’y perd un peu dans des choses qui ne relèvent pas forcément de la Mitsva ou du cascher…

Telle est la motivation du Divin quand Il ordonne précisément de prendre un animal aussi pur et tellement séparé du commun des mortels.

Notre homme est impur, il a été en contact avec un cadavre — un corps à présent vide de sa Néchama. Pour lui rappeler son destin et son devoir, rien de tel que l’aspersion d’eau vive, de branches d’hysope et de cette cendre animale si précieuse. Autant de conditions visant à lui rappeler que, dans son essence même, il a la capacité de rester un homme totalement saint qui, par sa lecture singulière de ce monde, saura rester attaché à son Créateur comme au jour de sa naissance.

Soyons bien clairs, je ne parle aucunement d’une restriction absolue, ni non plus de s’interdire les plaisirs de ce monde, nenni ! Il s’agit de garder à l’esprit que les six jours de la Création ont été faits pour nous être utiles, nous servir, et non l’inverse.

Nuance certes des plus subtiles, mais je vous sais suffisamment fins pour l’avoir comprise.

Oui, la vache peut manger et profiter autant qu’elle le désire, mais attention à ne pas lui mettre de joug sur la nuque, ce qui romprait son contact avec les cieux et la condamnerait à rester, ad vitam aeternam, les yeux fatalement rivés vers la terre, cette pesante matérialité.

En ces jours de canicule qui n’en finissent pas, où il fait chaud, très chaud, inlassablement chaud, prions dans l’espoir de bientôt pouvoir mériter d’être rafraîchis par ces eaux vives de la vache rousse.

Amen veAmen.

Pour télécharger le PDF 👇🏻 

Houkat Balak

Édito

Hello les amis, Dites-moi… vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi j’ai intitulé mon site Dvar Matok ?

Eh bien figurez-vous qu’à l’époque, quand j’étais encore jeune 😂, mon oncle Y. me disait souvent lors de nos rencontres, en hébreu :

“Yech lekha eze Dvar Matok al haParacha?” — Tu as un petit Dvar Torah doux sur la Paracha ?

Alors voilà… il est là. Doux, agréable… et parfois même aigre-doux, dirais-je.

Oui, j’aime bien vous piquer un peu, vous surprendre, vous faire réfléchir autrement.

Allez, c’est reparti de plus belle.

À très vite, et n’hésitez pas à me laisser un feedback dans les commentaires ou par mail.

R. Yehouda

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *