En quête d’un support me permettant d’améliorer ma maitrise du français tant à l’écrit qu’à l’oral, savoir exprimer mes idées avec justesse, sans tourner autour du pot, j’ai acheté, il y a quelques années, le livre de Sonia Mabrouk « Reconquérir le sacré ». Je ne vous cache pas en toute transparence, que ma lecture fut pour le moins sporadique et de courte haleine!
A l’origine de ma lassitude : l’agacement d’un homme plutôt de droite, sur les lignes d’une journaliste, elle aussi, exaspérée devant le quotidien des Français. Ces Français qui, malheureusement, subissent de jour en jour et de plus en plus la vénération du profane, le gommage et l’empêchement de toute dimension sacrée ou religieuse dans leur pays…
Mauvaise pioche ! Aux antipodes de mes attentes !
À quoi bon se plaindre ? À quoi bon dire que le chemin est encore long ?
Plein de fougue, je m’attendais à lire, qu’enfin le peuple français se réveille, commence à retrouver ses racines rebelles, qu’il ait soif de reprendre les armes, faire la révolution… Enfin, j’en fais peut-être un peu trop.. Vous vous imaginez bien que Sonia n’est pas de ce style. Peut-être un autre journaliste, qui sait…
Bref, je me dis quand même, ce mercredi après-midi, de rouvrir ce livre. Allez savoir, Peut-être y trouverais-je une idée sur laquelle rebondir.
Chose faite. Je feuillette un peu, et j’ouvre l’épilogue : « Comment le sacré m’a sauvé la vie ».
Notre très chère Sonia devenue orpheline se lamente sur la perte de sa mère adorée et se trouve confrontée à ces questions élémentaires :
– A quoi sert-il de vivre ?
– Existe-t-il une vie après la mort ?
Pour les affables de sa réponse, je tiens le volume à votre disposition…
Mais, quant à nous, sans plus attendre, cherchons et trouvons la réponse au cœur de notre paracha.
« Dis aux Cohanim, aux enfants d’Aharon : nul ne doit s’impurifier en entrant en contact avec l’âme d’un de ses coreligionnaires, si ce n’est de son proche, celui qui lui est le plus proche : son père, sa mère… »
Pour rappel, nous cherchions :
– A quoi sert-il de vivre ?
– Existe-t-il une vie après la mort ?
Le Cohen est ce personnage qui sert D., le Maître du Monde, l’Infini, dans Sa propre demeure terrestre, le Temple. Il est celui qui se trouve au plus proche de la Vie, de Celui qui la détient.
Ce même D. lui enjoint alors un ordre divin : toi qui me sers dans mon royaume, prends garde de ne pas t’impurifier au contact d’un mort.
Quel est donc le message divin ? Comment l’appréhender ?
– Ne pas regarder en arrière,
– Ne pas se morfondre sur le passé,
– Ne pas interrompre le sacré, ce temps si précieux qui nous permet de nous rapprocher de D. et de Sa Superbe,
– Ne pas chercher pas à écraser le temps contre un mur pour qu’il se fige définitivement
MAIS : ……
Avance loin…, loin devant…, encore plus haut…
La vie est synonyme d’élévation : plus l’homme prend de l’âge, plus il mûrit, plus il s’élève au-delà du temps, au-delà des difficultés liées à la matière. Plus il vieillit, moins la souffrance le tracasse, l’abat.
Pourquoi donc ? Car il se rapproche davantage de la Vie, de la vraie Vie, celle qui est infinie, bonne et agréable.
L’homme n’est pas là pour changer le monde, ni quelque chose dans le monde. Il est là pour se rapprocher de l’au-delà.
Certes, en chemin, il bonifiera pas mal de choses sur son passage, mais ce n’est qu’une conséquence de sa volonté de se rapprocher davantage du Plus Haut.
Ainsi, voilà à quoi sert-il de vivre, et voilà ce qu’il en est de la vie après la mort.
Le prêtre qui vit au quotidien auprès de D. ne peut se permettre de faire arrêt sur images et de cesser de grandir pour s’occuper d’un défunt qui a suffisamment de gens pour s’occuper du dernier devoir. Pour plus de précisions : d’un corps inerte dont son âme a déjà pris son envol vers l’au-delà.
Mais attention, une exception à la règle : sa famille proche. Son père, sa mère, ses frères et sœurs, son fils et sa fille, son épouse ; voilà les sept personnes pour qui il lui est permis de faire honneur et d’arrêter son sacerdoce.
Pourquoi donc, mes amis ? En quoi sont-ils différents de tout autre personnage ?
Car ils ne sont pas de simples mortels. Ils sont ceux qui l’ont accompagné et qui l’accompagneront encore et toujours vers son objectif, son destin de vie : la Vie.
Un papa bienveillant, une maman aimante, des frères et sœurs de cœur, une épouse valeureuse ; ils ne sont autres que sa réussite, sa véritable source de Vie au même titre que D.
Pour eux, dit l’Éternel, tu pourras t’impurifier !
UNE PETITE PARENTHESE SI VOUS LE VOULEZ BIEN !!! [Je vois déjà venir ceux qui voudront me dire : mon père était méchant, mes frères et sœurs égoïstes… Quand bien même, ils t’ont amené ici sur terre, c’est par leur comportement que tu as choisi de vivre ta Vie, de faire chemin cavalier seul, comme bon te semble ; tu te dois d’être reconnaissant envers eux.]
Ainsi s’achève notre Dvar Matok de cette semaine : focalisons-nous sur notre avenir, attachons-nous à la Vie, sachons respecter ceux qui ont pu être des phares et des lumières pour nous. Amen.




