Parachat Devarim – La Destruction du Temple

Au sortir du Chabbat Devarim, nous entrerons dans un jour ô combien pénible, douloureux : le 9 Av.

Un jour désigné, malheureusement, comme le plus sombre de l’histoire du peuple d’Israël.

Jour depuis lequel nos ancêtres furent condamnés à errer quarante ans dans le désert, incapables d’entrer en Eretz Israël.

Jour où la génération sortie d’Égypte perdit le droit d’atteindre la Terre promise.

Jour où nos ennemis nous ont chassés de notre terre.

Comment aborder un tel jour ?

Faut-il y voir définitivement un jour frappé de malédiction, un jour de « mauvais mazal » ?

A notre habitude, sachons nous tourner vers notre paracha, ici les premiers mots :

« Élé hadévarim acher dibèr Moshé el kol Israël »

Voici les paroles adressées par Moché à tout Israël.

Posons une différence essentielle entre les termes « vaïdabèr » (dire) et « vaïomèr » (parler).

Le mot « amira » se trouve souvent lié à la douceur, à la bienveillance : « Ko tomar lébét Yaacov » – Ainsi tu parleras aux filles d’Israël.

À l’inverse, « dibour » – dire – terme plus dur, plus direct se voit relié au mot « dabar », qui désigne un dirigeant, un chef capable de parler avec autorité, mais aussi sachant s’exprimer avec fermeté quand la situation l’exige.

Avant la destruction du Temple, les prophètes ont tout tenté pour éveiller le peuple à la Téchouva. Mais, leurs paroles ne rencontrèrent que mépris, pis encore, certains prophètes la persécution, voire l’assassinat à l’image de Guedalia, ou de Zeharia ben Yehoyada.(Eikha 3.20)

Le peuple d’Israël non seulement ignora les avertissements, plus grave encore, il rejeta les porte-parole.

Ils n’ont pas su écouter Calev ben Yefouné, qui leur clamait avec foi combien la terre d’Israël était bonne. Comble des méfaits ils tentèrent même de le lapider.

Plus tard, ils refusèrent d’écouter les prophètes mais aussi Rabban Gamliel, le Nassi de la génération.

Chute de mal en pis !

Alors que faire ?

Pourquoi le 9 Av est-il devenu un jour de deuil ?

A vrai dire, tout découle d’une seule et unique faiblesse : l’incapacité d’écouter.

Le peuple n’a pas su prêter l’oreille aux voix des justes.

Ils ont refusé d’écouter les bons messages, au bon moment.

Et pourtant, l’écoute constitue une force immense qui requiert indubitablement de l’humilité, du courage.

Parler avec douceur ne suffit pas toujours, parfois l’affirmation des choses avec fermeté s’impose, nécessitant l’usage de mots capables de bousculer.

Encore faut-il qu’en face, il y ait des cœurs prêts à entendre. À recevoir. À changer.

Ticha Béav ne peut aucunement être réduit à un jour maudit, en un jour où le mazal serait mauvais.

Ce jour est le reflet de ce que nous sommes, de notre capacité – ou non – à écouter.

Voilà pourquoi, comme le dit le prophète, à la venue de Machia’h, ce jour deviendra un jour de fête.

Telle est la raison pour laquelle nous ne récitons pas le Tahanoun à Ticha Béav : car ce jour, en profondeur, est porteur d’un potentiel de transformation, de lumière.

Ce jour révélera que nous avons su rouvrir nos écoutilles, écouter la sagesse, accepter la remise en question, et modifier notre rapport à l’autre, notre rapport à D.

Soyons forts. Soyons sages.

Bientôt alors, nous pourrons transformer Ticha Béav en un jour de joie. Amen.

Édito

Hello les amis, Dites-moi… vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi j’ai intitulé mon site Dvar Matok ?

Eh bien figurez-vous qu’à l’époque, quand j’étais encore jeune 😂, mon oncle Y. me disait souvent lors de nos rencontres, en hébreu :

“Yech lekha eze Dvar Matok al haParacha?” — Tu as un petit Dvar Torah doux sur la Paracha ?

Alors voilà… il est là. Doux, agréable… et parfois même aigre-doux, dirais-je.

Oui, j’aime bien vous piquer un peu, vous surprendre, vous faire réfléchir autrement.

Allez, c’est reparti de plus belle.

À très vite, et n’hésitez pas à me laisser un feedback dans les commentaires ou par mail.

R. Yehouda

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *