Parachat Chemot
Le coup de foudre
Alors que le Am Israël commence à subir les atrocités de l’esclavage en Egypte, un nourrisson recueilli, grandit au palais royal. Choyé et élevé avec beaucoup de sensibilité, il n’a pour mère adoptive pas moins que la fille du grand Pharaon, Bitia.
Bitia signifie « la fille de D. », prénom que D. Lui-même lui octroie en raison de sa forte conviction et de son courage à se convertir secrètement au monothéisme, au sein même du palais de ce persécuteur en chef des Hébreux.
Quant à l’enfant, il se trouve être secrètement un hébreu, l’un des rescapés des décrets de Pharaon. Récupéré dans le Nil par Bitia, elle l’élève au palais jusqu’au jour où elle lui dévoile, à l’âge de 12 ans sa véritable identité : Moché, « puisé des eaux », il apprend également sa véritable religion, celle de son peuple, qu’il voit opprimé sous ses yeux.
Moché décide alors d’aller à leur rencontre. Ce même jour, il assiste à une scène atroce : un Égyptien frappe à mort un de ses frères hébreux. Moché animé par une fougue et un sentiment de révolte intérieurs, dans un élan, tue l’Égyptien, et, se pensant incognito, il s’en retourne au palais royal.
Le lendemain, il interpelle deux Hébreux en conflit et tente de les calmer en s’exclamant :
« Mécréant ! Pourquoi lèves-tu la main sur ton frère ? ». Il se voit retourner un : « Qui t’a placé ministre ou juge sur nous ? Voudrais-tu me tuer comme tu as tué l’Égyptien ?! » qui le laisse pantois !
Moché, inquiet que la rumeur n’arrive aux oreilles du royaume, voit ses craintes confirmées sans délai : ces mêmes Hébreux dénoncent le meurtre à Pharaon.
La fuite s’impose comme planche de salut de Moché, ce qui le conduit à l’errance pendant plusieurs années.
Nous retrouvons notre prophète, âgé de 60 ans lors de son arrivée à Midian, où, en quête de sérénité il s’installe aux abords d’un puits.
L’option de ce lieu de campement pour cet esprit éclairé ne peut être anodine ! En effet, fidèle aux enseignements de son ancêtre Yaacov ou encore d’Eliezer, Moché espère croiser en ce lieu celle qui deviendra son épouse.(Ramban,Rachi)
Moché fait mouche : les filles d’Itro venues pour abreuver leurs troupeaux et puiser de l’eau, se voient persécutées par des bergers malveillants et jetées dans le puits. Sans compter, Moché intervient et les sauve. Un prodige suivra avec la montée miraculeuse des eaux du puits ce qui permettra d’abreuver le troupeau.
Les jeunes filles reconnaissantes à l’endroit de leur bienfaiteur le présentent à leur père de la sorte : « Un homme Égyptien nous a sauvées… » …
Quel déshonneur pour Moché !
Lui qui se considère au plus haut point comme un Hébreu, au risque de mettre sa vie en péril en tuant un Égyptien, se voit présenté par ces jeunes filles comme un vil Égyptien…
Mais la révélation de la grandeur de Moché ne saurait tarder ! Une rencontre décisive va poindre avec un être capable de respecter son image, de le respecter tel qu’il est, voire, de mettre sa vie en danger pour le sauver, vous l’aurez deviné : Tsipora.
En effet, alors que Moché est attrapé par Itro et jeté à son tour dans un trou pour ne pas porter assistance à un meurtrier, sa fille Tsipora agit en cachette. Elle lui descend de l’eau et de la nourriture.
C’est le coup de foudre entre ces deux êtres d’exception, ces êtres au même destin : tous deux sauvés des eaux ! Ils uniront leurs vies en se mariant.
Plus loin, dans la paracha Béhaalotekha, la Torah nous présentera Tsipora dans la simplicité de la formule : Tsipora est belle. Comment comprendre alors sa décision de sauver cet Égyptien et de risquer sa vie pour lui ?
« Un Égyptien nous a sauvées », avaient-elles dit !
Ce même personnage qui, dans un épisode précédent avait déjà choisi le camp des plus faibles, au détriment de son rang royal. Le voilà à récidiver et continue de risquer sa vie pour les autres. Moché aurait très bien pu décider de ne plus se « mouiller » pour les autres. Mais il décide de continuer à aider les gens en détresse.
Tel est l’homme qu’attendait Tsipora, homme pour lequel elle se sent prête à payer de sa personne pour venir en aide à cet homme qui ne connaît aucune limite pour prodiguer du bien.
Bien souvent, nos jeunes en âge de se marier attendent d’avoir le coup de foudre. Ils attendent de voir celui ou celle qui leur « tapera à l’œil », leur en « mettra plein la vue ».
Mais le coup de foudre ne doit pas nous « taper à l’œil », se laisser jouer par « l’illusion d’optique », le coup de foudre se doit bien plus d’éclairer notre cœur !
Certains diront même (Hizkouni Béhaaloteha) que Tsipora n’était pas belle. Et la question serait inversée : pourquoi donc Moché se marierait-il avec elle ?
Parce que tous deux ont un cœur de chair, et non d’or – un cœur de chair.
Lorsque deux êtres partagent cette réciprocité, qu’ils sont là pour s’aider dans leurs projets, se soutenir et se réconforter, c’est là que se trouve la flamme d’un amour inconditionnel et pérenne.
Voilà l’histoire de ce chidouh biblique où, pour la première fois, deux âmes se rencontrent et décident de se marier de leur propre gré. Qu’elles soient une source de lumière pour nos enfants, pour nos jeunes dans le choix de leur désiré(e), Amen.





Une réponse
Magnifique !