Parachat Chemini – Ouvrons l’œil, le bon !

Dans notre paracha, deux sujets semblent se disputer la vedette : l’inauguration du Michkan avec, en contraste saisissant, le décès tragique des fils d’Aharon, puis, plus loin, le chapitre sur les animaux purs et impurs.

Certains rabbins s’interrogeront sur la fatalité — ou non — du contact de l’homme avec Son Créateur. Les plus pragmatiques auront l’œil vissé sur l’ardoise avec…le prix des produits cashers dans nos supermarchés…

Quant à moi, ce qui ne manque pas de m’interpeler, cela reste la juxtaposition de ces deux thèmes, qui pour un regard furtif n’auraient rien à faire ensemble dans la même paracha.

En lecteurs attentifs que vous êtes, vous aurez remarqué la récurrence d’un verset à deux reprises dans ces chapitres :

« Pour discerner entre le saint et le profane, entre ce qui est impur et ce qui est pur. »

Watson, come one please !

Yes Sir ! D’après les versets bibliques, la cause de la mort des deux fils d’Aharon est à chercher du côté du fruit d’une offrande — la Ketoret — mais dans un contexte inapproprié : après avoir consommé du vin !

D. dit alors à Moché, qui transmet l’ordre à Aharon et à ses fils : ils devront désormais s’abstenir de tout alcool avant d’accomplir le service sacré.

Pourquoi ?

Ils se trouvent incarner ici-bas la sainteté divine, porteurs de pureté. Voilà qui oblige ! Leur esprit doit conserver en permanence clarté et lucidité.

Plus loin, dans la paracha, D. énumérera les animaux purs et impurs puis nous ordonnera :

« Pour discerner entre ce qui est impur et ce qui est pur, entre l’animal que vous pourrez consommer et celui que vous ne devrez pas consommer. »

Le message divin ne souffre d’aucune ambiguïté, affiche une limpidité sans équivoque.

L’homme ne pourrait être réduit à un simple amas de chair et de sang, dénué de responsabilité morale ou spirituelle.

Bien au contraire, l’homme n’est rien moins qu’un canal de pureté ou d’impureté, de sainteté ou de profanation. Qu’il soit prêtre ou simple juif, noblesse oblige ! Entendez là, nécessité absolue de préserver son esprit, le maintenir vigile en permanence : clarté, conscience, ouverture au divin, facultés essentielles !

Ainsi, D. nous donne des commandements parallèles.

L’alcool, au même titre que la consommation d’animaux impurs, tous deux altèrent notre esprit, avec pour conséquence fâcheuse de défaire cette fabuleuse échelle de Yaacov capable de relier l’homme au monde céleste, au monde de la vérité.

Prenez garde ! Les Cohanim ne sont pas les seuls obligés à cette pureté, tout le peuple d’Israël se trouve concerné !

Plus encore, à travers cet appel à la vigilance et à la distinction, le Monde entier pourra, lui aussi, apprendre à discerner entre le pur et l’impur, entre le saint et le profane, Amen.

Bon, Messaoud… fhemt ? T’as capté ou pas encore ? Khallas, c’est bon, c’est l’essentiel ! 

Édito

Hello les amis, Dites-moi… vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi j’ai intitulé mon site Dvar Matok ?

Eh bien figurez-vous qu’à l’époque, quand j’étais encore jeune 😂, mon oncle Y. me disait souvent lors de nos rencontres, en hébreu :

“Yech lekha eze Dvar Matok al haParacha?” — Tu as un petit Dvar Torah doux sur la Paracha ?

Alors voilà… il est là. Doux, agréable… et parfois même aigre-doux, dirais-je.

Oui, j’aime bien vous piquer un peu, vous surprendre, vous faire réfléchir autrement.

Allez, c’est reparti de plus belle.

À très vite, et n’hésitez pas à me laisser un feedback dans les commentaires ou par mail.

R. Yehouda

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