Parachat Bo- Wesh Pharaon, tu t’es cru où ?

Parachat Bo

Wesh Pharaon, tu t’es cru où ?

« Quelle délivrance rapide ! » me dis-je en lisant le début du Séfer Chémot.

À peine commencée cette lecture sur l’esclavage, et hop ! En un tour de main, nous voilà déjà dehors !

Mais cette sensation ne rencontre pas l’unanimité, un personnage de notre paracha envisage les choses sous un autre angle, nul autre que Pharaon, évidemment !

Alors que ce dernier souffre et ne cesse de supplier Moché pour être épargné des plaies qui s’abattent sur l’Égypte, le voilà à bout et s’exclame auprès de Moché :

« Allez, partez ! Partez même avec vos familles. Mais laissez ici vos troupeaux en gage. »

Moché ne se laisse pas intimider par cette annonce tant attendue. Il rétorque alors à Pharaon :

« Comment ça, laisser nos troupeaux ? Toi aussi, tu devras nous donner du bétail pour offrir des sacrifices à l’Éternel notre D… »

À cet instant, Pharaon, ulcéré, lui répond :

« Va-t’en ! Que je ne te revoie plus ici ! Car le jour où je reverrai ta face, tu seras condamné à mort. »

Moché lui rétorque alors :

« Il en sera ainsi, je ne reviendrai plus te voir. »

Mais qu’est-il donc arrivé à Pharaon pour qu’il devienne si virulent ? Et Moché Rabbénou… Depuis quand demandons-nous à un idolâtre de nous donner de l’argent pour l’offrir à D. ?

Et si Pharaon s’énervait parce que Moché était en train de le narguer ? Il va sans dire qu’il serait difficile de faire mieux que cela.

Vous l’aurez compris, Moché n’est nullement intéressé par le bétail de Pharaon, encore moins par l’idée de lui faire accomplir une mitsva (Ramban). Son objectif : lui montrer qui est le Roi aujourd’hui !

Pharaon, lui qui disait : « À moi appartient le Nil, et moi-même je me suis créé », n’a pas encore compris qu’au-delà des apparences, où D. demande la liberté de Son peuple des mains de Pharaon, il n’est rien d’autre qu’un être de chair et de sang. Un simple mortel, qui aujourd’hui, doit faire preuve d’abnégation devant D.

Si tu imagines encore, Pharaon, que notre destin est entre tes mains, que nous devons te laisser des gages et des réserves pour témoigner de notre soumission envers toi, sache qu’il en est tout autre.

Aujourd’hui, c’est toi qui es redevable envers D., comme n’importe quel homme sur terre. De ce fait, toi aussi, tu devrais participer aux offrandes que D. pourrait nous demander.

Ce langage de vérité, susceptible d’enrayer à la fois l’arrogance et la cupidité de Pharaon, ne manque pas de l’irriter au plus haut point.

Moché a bien compris quel discours tenir face à des gens comme Pharaon.

« D. ne veut ni de ton or ni de ton argent. Tu n’es même pas maître de ta propre personne. Aucun gage nous ne devons te laisser. »

Et de rajouter : « Si tu étais un homme digne, tu aurais mieux fait de participer aux offrandes de D., de reconnaître Sa grandeur et ton insignifiance… »

Moché, fine lame, a su toucher le point faible de Pharaon : son arrogance.

Il est vrai qu’aborder ces personnes à l’ego surdimensionné n’est pas chose des plus simples, une nouvelle fois notre maître Moché nous l’enseigne : sans gêne, aucune, il faut appuyer là où ça fait mal.

Ah, je vous vois déjà, avec un éclair dans les yeux, impatient d’appliquer cette devise…

Mais avant de vous lancer, vérifiez d’abord si la personne à qui vous pensez ressemble bien à Pharaon !

 

 

 

 

Édito

Hello les amis, Dites-moi… vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi j’ai intitulé mon site Dvar Matok ?

Eh bien figurez-vous qu’à l’époque, quand j’étais encore jeune 😂, mon oncle Y. me disait souvent lors de nos rencontres, en hébreu :

“Yech lekha eze Dvar Matok al haParacha?” — Tu as un petit Dvar Torah doux sur la Paracha ?

Alors voilà… il est là. Doux, agréable… et parfois même aigre-doux, dirais-je.

Oui, j’aime bien vous piquer un peu, vous surprendre, vous faire réfléchir autrement.

Allez, c’est reparti de plus belle.

À très vite, et n’hésitez pas à me laisser un feedback dans les commentaires ou par mail.

R. Yehouda

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