Parachat Aharé Mot – Kedochim: Le divin snobisme !

Vous est-il déjà arrivé de croiser un snob ?

Un vrai de vrai… Un snob quoi ! Un qui ne vous toise pas même pas d’un regard méprisant, un que vous ne pouvez même pas atteindre, tellement il est… Snob !

Pas ces fameuses personnes réservées qui, lorsque nous faisons plus ample connaissance avec elles, se révèlent être des êtres chers dont la préciosité en fait la rareté.

That makes the difference, isn’t it ! Une subtilité qu’il nous faut aborder avec parcimonie au regard de la complexité du phénomène !

En effet, qu’en est-il de cette propension, de cette tendance à s’affranchir de ce monde du « communs des mortels » ?

Qu’en est-il de cette « mise à distance » tant chez le snob, que chez le réservé ?

C’en est assez pour les questions!

Cap sur notre paracha.

« Soyez saints, car Je suis Saint », dit D.

Nos sages dans le Midrash poursuivent : « Ma sainteté est plus haute que la vôtre », dit D., « mais tout de même, soyez saints ».

Noblesse oblige…Qu’est-ce donc que la sainteté ?

Une fois n’est pas coutume, je vous étonnerai sûrement : il ne s’agit pas de mysticisme, mais bel et bien d’une notion tout à fait rationnelle, de séparation et de démarcation.

Ne vous en déplaise, effectivement, D. est distinct de nous.

Il est sans égal, Il est bien Haut,

Alors que nous, Nous sommes tout bas…

Il est Infini, Alors que… Nous sommes :

prédéfinis, des êtres humains limités, de simples mortels.

L’ordre divin concernant la kedoucha, la sainteté de son peuple, ne manque pas d’étrangeté, car, si, le Tout-Puissant se voit être séparé des hommes au regard de leurs modèles de réussite et de vie, de leurs propres moyens de subsistance,

Comment D. pourrait-il demander à un peuple parmi les nations de se séparer des autres ?

Comment un Juif parmi tant d’autres Juifs pourrait-il comprendre ce commandement de se dissocier de ses frères, de faire chemin en cavalier seul ?

La réponse à ces interrogations nous oblige à un petit rappel :

« D. créa l’homme à Son image » (Berechit 1 :27).

Entendez, il n’est autre qu’une réplique de D. en miniature, façonné à Son image et à Sa ressemblance… Bien que limité, il porte en lui une étincelle du divin, un reflet de la grandeur infinie du Créateur.

Il serait insensé, voire interdit, de concevoir le monde comme une seule et unique entité, comme une seule voix, une seule chair — un seul homme.

À D. ne plaise !

Chacun d’entre nous brille par son caractère unique !

Chacun d’entre nous est un monde à part entière !

Chacun d’entre nous est nécessaire pour l’écosystème du monde !

Bien trop souvent, avons-nous la fâcheuse tendance à vouloir coûte que coûte considérer le monde comme une seule et unique collectivité.

Et ce, au point de vouloir en punir ceux qui n’adhèreraient pas à la pensée unique du moment !

Au point, d’être prêt à en dépouiller nos jeunes de leur créativité, de leur singularité ! Au point, de se fondre dans la masse… Eteints et moroses !

Futilités !

Chacun de nous est irremplaçable !

Qu’on se le dise !

Chacun de nous est un joyau unique ! Une perle rare ! Un numéro de série unique !

« Capiche ! »

Là se trouve le commandement divin.

N’allez pas croire qu’il s’agisse de scinder la société, pas plus que de créer un groupe d’élite !

Voyez-y plutôt une stimulation à l’endroit de son peuple, de ses enfants, les amener à chercher au plus profond d’eux-mêmes !

Quête du meilleur au fond d’eux-mêmes, de cet élément qui les rattache au plus Haut, à l’Infini.

Ne nous trompons pas d’adresse, les amis !

N’allez pas nous la jouer au snob ou à vouloir faire preuve d’une humilité excessive !

Cultivons plutôt ce noble et divin snobisme, intrinsèque à l’homme et à l’humanité tout entière. En notre honneur et en l’honneur du Maître de l’univers. Amen.

Édito

Hello les amis, Dites-moi… vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi j’ai intitulé mon site Dvar Matok ?

Eh bien figurez-vous qu’à l’époque, quand j’étais encore jeune 😂, mon oncle Y. me disait souvent lors de nos rencontres, en hébreu :

“Yech lekha eze Dvar Matok al haParacha?” — Tu as un petit Dvar Torah doux sur la Paracha ?

Alors voilà… il est là. Doux, agréable… et parfois même aigre-doux, dirais-je.

Oui, j’aime bien vous piquer un peu, vous surprendre, vous faire réfléchir autrement.

Allez, c’est reparti de plus belle.

À très vite, et n’hésitez pas à me laisser un feedback dans les commentaires ou par mail.

R. Yehouda

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