Paracha Ki Tétsé: Le yetser hara

« Lorsque tu sortiras en guerre contre ton ennemi, D. te le donnera dans tes mains, et tu pourras récupérer ses captifs. »

Ainsi commence la paracha de la semaine.

Nos Sages, avec la sagacité qui les caractérise, sautent immédiatement sur l’occasion.

Voilà un verset qu’on pourrait presque s’empresser d’interpréter à notre guise… De quelle guerre parle-t-on ? De quel ennemi ? De quels captifs ?

La réponse est claire : il s’agit de la guerre contre notre yetser hara, que l’on peut sans encombre pressentir comme notre véritable ennemi.

Voilà pourquoi, lorsque nous sortons en guerre contre lui, D. nous assure la victoire.

Plus encore : Il nous permet de récupérer toutes les mauvaises actions qu’il nous a fait commettre, et de les transformer en mitsvot.

Eh bien ! En voilà un salto ! Quelle pirouette, me dis-je, pour introduire une telle idée dans ce verset !

Le renfort de Rachi et d’autres commentateurs l’expliquent ainsi, doublés de la confirmation du Zohar !

Respect ! Plus un mot à rajouter ! Garde-à-vous ! Oui chef ! Noblesse oblige, comment ne pas acquiescer à cette magnifique dracha.

Le yetser hara est de feu, nous disent les Sages.

Il est vieux, bien rodé, et sait séduire ses proies avec un simple clin d’œil.

Quant à nous, que sommes-nous dans tout cela ? Pauvres êtres, de chair et de sang, jeunes novices au regard de son âge millénaire, nous, têtus et parfois récalcitrants pour les bonnes choses — « à la nuque raide », comme le dit la Torah.

Alors, qui parle de guerre ? Comment espérer combattre un tel adversaire, un ange si aguerri et si sadique ? Je veux bien entendre qu’il nous est possible de l’esquiver, mais de là à prétendre le combattre réellement ? Face à face ?

Et pourtant, sans ambages, la réponse ne souffre d’aucune ambiguïté : oui !

Et pour cela, nul besoin de beaucoup d’outils.

Une seule et unique arme suffit : « la volonté de sortir » en guerre.

« Sortir », veuillez entendre, changer le courant de sa vie, se détacher de son ancienne identité pour en chercher une nouvelle : celle qui consiste à sanctifier précisément cette matière où le yetser hara cherche à nous attirer.

L’Éternel toujours magnanime guide nos pas en nous disant que ce n’est pas la culpabilité qui nous donnera la force de vaincre.

Bien au contraire : plus nous nous y enfermons, plus nous nous figeons. Nous finissons par nous définir à travers nos fautes, à nous attacher à notre passé, à nous identifier à nos échecs. Et plus nous nous obstinons dans cette posture, plus nous enfonçons nos racines dans cette terre desséchée.

Mais lorsque nous faisons volte-face et choisissons de nous lever, lorsque nous refusons de rester figés dans notre présent, il n’en fallait pas moins pour favoriser l’ouverture d’une brèche. Nous changeons de regard : « Nous ne sommes pas condamnés à rester ceux que nous étions hier ».

Ce simple mouvement, ce désir de sortir, allume en nous une énergie nouvelle.

Et c’est précisément cette volonté de sortir — sortir de l’immobilisme, sortir de son ancien moi — qui nous donne la possibilité de renverser le yetser hara.

Nous sommes en plein mois d’Eloul. Soyons sages, soyons confiants : nul combat n’est perdu d’avance.

Au contraire, chaque cri de guerre nous rapproche de la liberté. Et croyez-moi : elle est belle, elle est pure, elle est infinie.

Elloooooouuuuul !!!

 

 

Édito

Hello les amis, Dites-moi… vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi j’ai intitulé mon site Dvar Matok ?

Eh bien figurez-vous qu’à l’époque, quand j’étais encore jeune 😂, mon oncle Y. me disait souvent lors de nos rencontres, en hébreu :

“Yech lekha eze Dvar Matok al haParacha?” — Tu as un petit Dvar Torah doux sur la Paracha ?

Alors voilà… il est là. Doux, agréable… et parfois même aigre-doux, dirais-je.

Oui, j’aime bien vous piquer un peu, vous surprendre, vous faire réfléchir autrement.

Allez, c’est reparti de plus belle.

À très vite, et n’hésitez pas à me laisser un feedback dans les commentaires ou par mail.

R. Yehouda

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