Parachat Vaye’hi ; Yossef, notre grand frère
Notre Séfer Béréchit touche à sa fin aux allures d’une « Happy end » ! Les 12 tribus en harmonie apparente, enfin autour de leur père Yaacov, unies, à déclamer ce cantique promu au destin d’hymne du peuple juif : « Chema Israël H’ Elokénou H’ Ekhad ».
Mais cette union est incertaine, voire fragile, estiment les frères de Yossef. Sûrement attendra-t-il la mort de papa pour se venger de nous et nous punir de l’avoir vendu comme esclave ,et ce, jusque dans les geôles égyptiennes.
Leur crainte est vive à un tel point qu’ils s’en épanchent auprès de Yossef. Pis encore, ils inventent un épisode inexistant de la vie de leur père : « Ainsi a ordonné Papa avant de mourir : Vous parlerez ainsi à Yossef : De grâce, pardonne le crime de tes frères et leur péché, car ils t’ont fait du mal. Et maintenant, pardonne donc le crime des serviteurs du D. de ton père. » Propos qui conduisent à un effondrement en larmes de Yossef.
A ce moment du récit, le peuple d’Israël connait un éclatement sans précédent. Point de confiance ou encore de fraternité, la honte et la méfiance culminent à leur paroxysme.
Contre toute attente, Yossef endosse son rôle de grand frère. Cet enfant, qui ressent au quotidien un sens aigu des responsabilités envers sa famille et ses frères, les apaise et leur témoigne son affection et son amour inconditionnel.
En ces termes, il affirme sa superbe : « Suis-je à la place de D. ? Vous avez médité jadis à me faire du mal. D. l’a médité en bien, afin de nous faire vivre tous et de fonder un grand peuple. »
Yossef n’en est pas à son coup d’essai à devoir exprimer sa compassion envers ses frères et leur expliquer que D. Lui-même l’a fait descendre en Égypte. Déjà au début, lors de sa révélation en tête-à-tête, leur avait-il tenu ces propos.
Mais cette fois, Yossef va encore plus loin en vue d’apaiser leurs craintes et leur révèle la place omniprésente de D. tout du long de leurs péripéties :
« Regardez où je suis aujourd’hui. Contre toute attente, je suis devenu le prince d’Égypte. Je suis à cette place pour vous sauver et vous protéger. Ce n’est pas vous qui m’avez envoyé ici, mais D. Lui-même. Maintenant que nous avons tous la certitude que c’est D. qui m’a fait descendre, vous pouvez y croire et balayer votre honte. »
En comprenant que leur acte s’inscrivait dans le plan divin et ce, malgré sa gravité, Yossef parvient à l’apaisement de ses frères.
Tout manque de transparence se traduit inexorablement en source de conflit. Ne pas savoir lire le cœur de notre entourage, mal interpréter ce qui se cache derrière la carapace humaine : là réside le dilemme millénaire de l’humanité.
La prise de conscience par l’homme que tout projet est d’ordre divin, que c’est Lui qui accompagne chacun et chacune d’entre nous vers ce qui nous est propre, annihile la rancœur qui n’a plus lieu d’être. Tous les événements s’élucideront, petit à petit, pour le mieux.
Voilà le tour de force, exécuté tout en douceur par le grand frère Yossef. Qu’il nous inspire à notre tour afin de vivre en paix, Amen.




